Culture

De l’intranquillité du roman

Hubert Haddad, l’auteur de « Géométrie d’un rêve » ainsi que du « Nouveau magasin d’écriture », était l’invité de La Machine à Lire. L’occasion pour lui de défendre sa conception du roman.

Enfin nous rencontrons celui qui par son formidable travail nous a permis d’écrire nous-même des pages et des pages, nous servant de ses rêveries romanesques et de sa culture littéraire foisonnante et organisée pour donner une forme à notre imaginaire.

Aujourd’hui, c’est un véritable roman qu’il est venu nous présenter, en présence du directeur littéraire de Zulma, son éditeur, et d’une journaliste de Radio Bleue permettant de circonscrire l’incendie littéraire qui menaçait de se propager au delà des limites d’une seule œuvre.

« Géométrie d’un rêve » a l’avantage d’annoncer le projet littéraire de l’auteur dès le titre. Pour Hubert Haddad « avec le roman, on écrit un rêve, mais il faut le construire ». Ce vrai-faux journal d’un écrivain perdu quelque part en Bretagne nous amène à nous interroger une fois de plus sur la pierre angulaire de la littérature : l’autobiographie. Par sa voix douce et persuasive, nous remontons le temps littéraire. Certes il y eut Amiel mais aussi Kafka, Sartre, Rousseau, Proust, Musil… Comment produire du roman qui dit « je » sans faire une révérence à nos glorieux aînés ?

Hubert Haddad, même s’il a quelques « Magasins d’écriture » à son actif n’a rien d’un boutiquier. Nous sentons ses aspirations, ses exigences au détour de quelques phrases saupoudrées parmi l’assistance dans un désordre qui n’est qu’apparent : « on ne demande pas à un roman de nous garder tranquille, ce n’est pas un canapé un roman… » et aussi « nous sommes les statues de nos paroles, avec l’écriture on rompt avec la répétitivité ». C’est l’animateur d’atelier d’écriture qui parfois cohabite avec le romancier. Celui qui intervient auprès des jeunes en difficulté, des prisonniers, fait sa place dans la cellule de moine du romancier, prêt à nous narrer un Japon rêvé où Hubert Haddad aimerait à jouer les Loti. Et quand votre chroniqueur de Villages de Ville regarde, ma foi indiscrétement, par-dessus l’épaule d’une participante de cette conférence, il aperçoit le portrait de… Hubert Haddad crayonné par Marie Claire Tessier, dessinatrice saintongeaise de talent que nous aimerions intégrer dans l’équipe de Villages de Ville. Car c’est aussi cela les conférences de La Machine à Lire, de véritables rencontres orchestrées fort aimablement par sa directrice Emilie dont nous ignorons pour l’instant le patronyme.

Hubert Haddad se plait à rêver du moment de sa vie où il aura suffisamment de temps pour écrire un roman dont le thème central sera le diable. Des milliers d’heures lui seront nécessaires. En attendant, n’hésitez pas à faire l’acquisition de « Géométrie d’un rêve » éditions Zulma (20 euros). A savourer bien confortablement installé dans votre… canapé.

Commentaires

1 Message

  1. De l’intranquillité du roman

    Le nom d’Emilie est Poinsot.

    Merci pour cet article,

    Bien à vous,

    Emilie Poinsot

    par emilie poinsot | 30 septembre 2009, 15:33