Culture

De la musique derrière le mur

Evento nous a proposé des obsèques en toute petite pompe de la salle des fêtes du Grand-Parc. Reconnaissons à ces artistes mercenaires leur capacité à analyser clairement la volonté politique concernant ce haut lieu musical et cinématographique des années 70 et 80.

C’est volontairement que nous ne citerons pas le nom de l’artiste albanais concepteur de cet évènement. Nous préférons les projets ambitieux et constructifs à la contemplation morbide d’un symbole d’échec en matière culturelle d’une ville et d’un quartier. On peut certes se délecter de la vision d’un édifice rouillé, brisé, souillé, habité seulement par quelques pigeons effarés comme devraient l’être légitimement leurs homologues, les contribuables bordelais, devant l’inanité, la vacuité et même la cruauté de performances artistiques sans but si ce n’est peut-être celui de rêvasser debout face à un tas de fumier.

18h, la fête bat son plein…

Maigre consolation, le seul public de ces errements socio-artistiques était uniquement constitué de bénévoles étudiants d’Evento et de leurs amis. Car il fallait avoir des amis pour ne pas avoir le vague à l’âme sur le coup de 18 heures devant la salle des fêtes du Grand-Parc. Si l’on ajoute les deux chroniqueurs de Villages de Ville présents ce jour là, cela fait tout de même vingt personnes, plus ou moins complaisantes, présentes ce jour là. Il s’agissait d’entendre derrière l’entrée murée depuis 18 ans différentes variations autour d’un standard des Clash « Should I stay or should I go », groupe mythique du punk anglais de la fin des années 70. « Est-ce que je dois rester ou partir », les spectateurs pouvaient légitimement se poser la question, heureusement ceux-ci n’en ont eu guère le temps car, quelques minutes après le premier bombardement de décibels intra-muros, passaient un saltimbanque accompagné d’une ravissante elfe surgie du béton. Tournant la manivelle de son orgue de barbarie avec application, ils nous livraient une version mélancolique de ce tube des rebelles londoniens et nous délivraient par là même d’une certaine pesanteur. C’était fini. Le fantôme du ciné-club pouvait jouer « La nuit des morts vivants » sur un air de Nico, la chanteuse du Velvet Underground, nous en reparlerons.

Les artistes au milieu de la foule en délire

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