Décryptages et rebonds

Disparités et berlusconisation à Bordeaux

En partant d’un simple article de « Sud-Ouest » concernant le dernier Conseil de Quartier de Caudéran, il est aisé de constater deux choses : une mainmise totale sur l’expression et la communication dans les quartiers par la Mairie ainsi qu’une inégalité de traitement en matière de transports.

On a fini par s’y habituer. A trop fréquenter l’insupportable, il est facile de se dire que cela procède de l’ordre naturel des choses. Pourtant ce n’est pas un trublion troskyste qui vient de pointer un index sur des anomalies. C’est juste Denis Lherm relatant le dernier Conseil de Quartier de Caudéran. En prologue, il remarque ce que le Villageois de ville dénonce depuis bien longtemps : « depuis qu’Alain Juppé a renforcé les prérogatives des maires adjoints et redessiné les quartiers…il en résulte que les Conseils de Quartier tournent à l’exercice de communication pédagogico-publicitaire… »

Cela devient si criant que « Sud-Ouest » lui même ne peut contourner ce que nous, Villageois de Ville, nommeront avec nos propres mots la Berlusconisation de Bordeaux.

Le journaliste de « Sud-Ouest » ne peut que relever la présence du patron de la Police nationale en Gironde fortement impliqué par la sécurité à Caudéran et toujours prêt à en découdre avec les mauvais cyclistes puiqu’il a « répondu que la répression ne lui faisait pas peur ». Certains deux-roues juste un peu bobos s’en étaient aperçus à leur dépens après des gardes à vue qui leur avaient fait presque perdre le goût de l’agenda 21. En matière de transport nous savons à Villages de Ville que la refonte techno par Kéolis des transports vaudra à certains quartiers de se retrouver lourdement pénalisés. Nous pensons en particulier à toute une partie du quartier du Grand Parc, ainsi qu’une zone d’habitats assez modestes situés dans le quartier Jean Jaurès au Bouscat. Quelle idée de vivre désormais au Grand Parc, quartier populaire, un temps chouchouté par la droite Chabaniste, puisque c’était le bébé de notre Jacquot résistant et grand bétonneur social de marécages.

S’ils avaient choisi Caudéran, ils pourraient bénéficier à partir du 22 février 2010 « de trois grosses lignes de bus promises comme aussi attractives que les tramway et deux lignes transversales ». Au lieu de cela, ils stagneront 45 à 55 minutes sous des squelettes d’abribus (s’ils ne sont pas détruits par les incivilités) pour espérer regagner une forme de civilisation moderne. Que ces gens là sont donc archaïques avec leur goût pour les librairies, les cinémas, les cafés, les lumières du Centre Ville. Ils n’ont qu’à se contenter d’écouter le bruit d’Evento tous les deux ans, devant une salle des fêtes fermée depuis 18 ans. Ou bien à habiter Caudéran.

Crédit Photo Bordeaux.fr

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