Oui, l’entreprise de presse fait encore rêver de jeunes créateurs. Des lecteurs aussi, puisque une bonne trentaine d’abonnés du journal, pour l’essentiel issus du monde estudiantin, s’étaient retrouvés au milieu des tables de livres de notre indispensable Machine. Raphaël Meltz, co-dirigeant du tigre avec Laetitia Bianchi, que nous ne rencontrerons pas, interviewé par Emilie Poinsot, cela a, foi de villageois de ville, assez bien fonctionné. L’homme a paru assez fébrile et passionné pour ne pas nous lasser de l’écouter. De l’ambition avec juste ce qu’il faut de décalage. Un caractère aventureux malheureusement peu fréquent en province, ne nous voilons pas la face.

Deux personnes seulement suffisent à sortir un « Tigre » bimestriel. Si l’on consulte par exemple le numéro de septembre-octobre que votre villageois de ville s’est empressé d’acheter, notons un excellent dossier du Tigre sur les injures au Président de la République concocté par Raphaël Meltz lui-même sérieusement documenté et néanmoins drôlatique. Assez rare dans la presse actuelle. Un extrait d’un interview de Pierre Pinoncelli concernant ses attentats culturels, déjà paru dans la revue « Geste », ce qui prouve que ce Tigre ne s’interdit rien. Avec ses belles rayures en quatrième de couverture, ce tigre a l’attrait d’un beau canard. Mais n’en rajoutons pas, Raphaël Meltz parait en avoir assez du champ lexical animalier quand on lui parle de son journal.
C’est vrai il parait y avoir mieux à faire. Une kyrielle de projets par exemple. Une parution bimensuelle plus courte plus lié à l’actualité. De véritables feuilletons d’ écrivains para-journaleux. Risqué, non ? Surtout quand on a ses 1000 abonnés et que l’on ronronne (non, plus de félin… promis)… au risque de s’ennuyer. Or pour ses co-rédacteurs en chef, quand on engrange pas les dividendes il faut pour le moins y trouver de l’énergie et du sens. La décision est prise. Ils gardent les meilleures méthodes et en trouveront d’autre. Faire travailler une bonne quinzaine d’écrivains et de plasticiens sur des sujets journalistiques cela était nécessaire dans notre paysage de presse. Ce plouc de villageois de ville ne peut s’empêcher de penser aux belles années du parano-journalisme. Ou à Truman Capote menant, à sa manière, ses investigations dans le Sud des Etats-Unis. On en est certes pas encore là, mais il y a un esprit fouineur et littéraire que l’on aime d’ores et déjà beaucoup à Villages de Ville, avec un bémol peut-être en ce qui concerne l’utilisation des publicités désuètes et de quelques potacheries d’Almanach. Mais le genre seyant à de nombreux lecteurs, nous nous inclinerons… La soirée s’est terminée sur la demande expresse de son principal intervenant par quelques pintes à La Comtesse, ce qui est toujours encourageant pour l’avenir.
Prescriptions : abonnez-vous au Tigre, vous trouverez toutes les informations voulues sur le tigre et n’oubliez pas villages de ville pour autant















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