C’est sans grande expérience du support papier que nous nous sommes lancés dans l’aventure. A Villages de Ville, cela fait maintenant plus de deux ans que nous animons un magazine culturel et citoyen sur le net : villagesdeville.com. A en juger par les nombreuses réactions et une fréquentation en hausse constante, nous y réussissons mais nous savons par expérience que pour toucher un lectorat sur des problématiques locales, de proximité, il faut communiquer aussi par le bon vieux système du gratuit papier diffusé directement dans les boîtes aux lettres.
Les premières réactions à ce numéro spécial Grand Parc 2010-2012 ont été plus qu’encourageantes : nous redonnons espoir à certains acteurs de la vie sociale du quartier pendant que nous en inquiétons d’autres en provoquant parfois plus que de simples grincements de dents. Si nous concédons volontiers une certaine naïveté dans la présentation de ce journal, nous apprécions d’avoir frappé juste et fort sur le fond des choses.
Il y aura donc une suite à cette aventure au Grand Parc et dans d’autres quartiers de Bordeaux et de la CUB. Dans tout le département, si nous sommes un tant soit peu épaulés. En effet la réussite de notre projet a un coût : le nerf de la guerre dit-on. Si nous ne nous considérons pas en guerre nous estimons la situation suffisamment sérieuse pour intervenir.
A Bordeaux il n’y a toujours eu qu’un journal, « Sud-Ouest », ainsi que depuis quelques années une télévision TV7 , nulle place pour une expression politique de gauche au sens large du terme. « C’est comme cela et cela ne changera jamais » se résignent les fatalistes en extase debout sur un tas de fumier. Les autres préférant choisir leur seule et unique chapelle comme courroie de transmission de l’information, se méfiant de tout et de tous. « Cela aurait pu être un excellent travail s’il avait été fait pour le Parti », avons nous-même entendu lors de la sortie de ce numéro. Et bien non, car nous nous posons en rassembleur de toutes les composantes de la gauche . Nous offrons notre sensibilité de femmes et d’hommes de gauche, notre analyse de l’actualité politique et culturelle à travers le prisme de la vie locale.
Pour l’instant l’alternative à Sud-Ouest en matière d’information si l’on excepte notre action réside dans… l’information municipale. Nos édiles avaient quelques années auparavant le simple journal municipal. Ensuite se sont mis en place ces fameux Conseils de Quartier, véritablement cadenassés par l’UMP, mais caisse de résonance tout de même par l’intermédiaire de quelques associations asservies par les subventions. Ensuite sont venus se greffer les adjoints de quartier, véritables politiques porte-flingues belliqueux envers toute expression d’une quelconque opposition, toujours en campagne électorale et payés par de l’argent public. Maniant avec dextérité la gouvernance de la carotte et du bâton (subventions et dénigrements), nos Juppettes du Nord de Bordeaux sont parties pour durer peut-être un peu plus longtemps que leur consœurs du fameux ministères des années 95.
Reconnaissons à Alain Juppé cette rouerie et ce sens tactique d’élu parisien. Il a senti le vent du boulet lors de sa défaite aux législatives de 2007 et le thème de la revanche à tout prix et de la reconquête des postes de Conseillers Généraux, chevaux de Troie de la gauche locale, mobilise toute sa créativité ainsi que celle de son cabinet conseil parisien. Le logement social, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, attendra.
Enfin, cerise d’hiver sur le gâteau de la politique municipale, vont se mettre en place des journaux de quartier. Saint-Augustin vient d’inaugurer le bal de l’information et d’autres quartiers suivront. L’organe de communication du Palais Rohan sera bel et bien en place, même travesti sous une couche de maquillage de proximité. Sarkozy continuera d’être le vilain dans Marianne ou dans Libération, mais ici, dans cette ville tenue depuis 65 ans par la Droite, personne ne pourra écorner le bilan de cet homme faussement modéré qu’est Alain Juppé. Chaban avait ses marchands des Capucins, Juppé aura Journaux, Conseils et Shérifs de quartier et l’on votera aveuglément. Les dimanches de scrutin, une petite partie du peuple de gauche obéira en pensant réfléchir librement pour Big Brother et ses copains communiquants et cela fera la différence. N’oublions pas qu’à Bordeaux, la gauche est maintenant potentiellement, sociologiquement majoritaire et que ce sont uniquement les efforts de persuasion déployés à grand frais par la majorité qui font pencher la balance. Voulez-vous que cela continue ?
Villages de Ville lui se met en place, mais sans vous, qui souhaitez faire entendre des voix de gauche à Bordeaux, ce ne sera pas possible. Lisez-nous, abonnez-vous, diffusez-nous, soutenez-nous.
















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