A la fois victime et acteur d’un prêt à penser nourri d’un courant idéologique politiquement correct, c’est le Conseil Municipal de la Ville de Bordeaux dans son ensemble qui a décidé de rebaptiser un des plus vieux quartier de Bordeaux. La place Saint-Christoly sera rebaptisée du nom du fondateur d’ATD Quart Monde Joseph Wresinsky, « en hommage aux personnes de la rue » dixit Alain Juppé, à moins que les riverains et commerçants ne parviennent à faire changer d’avis nos édiles prêts à tirer un trait sur presque deux mille ans d’histoire.
Grâce à ce mouvement initié par Bertrand Favreau et Bertrand Mazières, nous réalisons que le combat pour respecter l’Histoire avec un grand H, notre Histoire, n’est pas la manifestation d’un conservatisme frileux, loin s’en faut. Il s’agit au contraire de réaliser que nous devons résister à la tentation de la facilité, au saccage délibéré de notre culture pour un coup de publicité institutionnelle que personne n’ose refuser par peur de ne pas sembler suffisamment humaniste.
La mort de Fred Chanal dans une rue toute proche a suffisamment été exploitée par la casse politique locale. Les morts de froid, de chaud, de faim, de manque de soins, d’attentions, de douches, de logements n’auront rien à gagner de toutes les manières à cette absurde négation des racines profondes d’une ville. A l’heure où votre chroniqueur écrit ces lignes, il est installé rue du Palais-Gallien et peut constater que cette rue s’est durant la révolution retrouvée affublée d’un « rue de la Raison » qui nous ramène aux fruits de la déraison que nous récoltons aujourd’hui.















Commentaires