Conjuguer philosophie et blagues de comptoir, c’est possible avec l’ouvrage de Thomas Cathcart et Daniel Klein : « Platon et son ornithorynque entrent dans un bar » ed Seuil
Villages de Ville ne vous épargnera pas la sacro-sainte ritournelle des conseils de lectures pour l’été. Vous savez bien, ces romans, ces essais que nous sommes supposés lire sur la plage, un coude ankylosé, le thorax opprimé par une tonne de sable, le regard obscurci par des lunettes filtre uv 3, la peau gélifiée pour tenter d’éviter le cancer de la peau. Vous êtes une méduse échouée parmi deux ou trois tonnes de varech et d’humains et tout le reste vous est égal, êtes-vous pour autant devenu un adepte du new age ? A propos combien de new agers faut-il pour changer une ampoule ?
Les plasticiens exposent et s’exposent dans leur diversité.

Certains exposent ou souhaitent exposer dans des galeries, être invités dans des salons prestigieux, en espérant un jour respirer la poussière des musées… mais ils sont nombreux et la place est chère, et /ou coûte cher. Ainsi, quand d’autres présentent leurs œuvres dans des apparts très parisiens, dans des espaces commerciaux cossus, la plupart font des expos collectives de province ou accrochent dans des salles municipales. Les jeunes des banlieues vont carrément sur les murs avec les graffs et les citadins d’aller l’été en quête de verdure, sur les places de villages…. Heureusement, aujourd’hui, il y a internet où les blogs sont très actifs et très visités. Ceci dit, il ne devrait pas y avoir de lieux proscrits pour montrer ses œuvres, à chacun de décider à quel public il souhaite s’adresser… qu’il soit pro ou amateur. De même, dans la diversité des artistes, il y a ceux qui souhaitent faire passer des messages à travers leurs œuvres et profiter du lieu pour afficher leurs convictions, et c’est tant mieux, mais il faut avoir les coudées franches. Dans une société du toujours plus économique prônée avec emphase , on se rassure en sachant qu’il existe aussi de nombreux îlots de résistance, d’alternatives où l’homme retrouve toute sa place. Mais à mon avis, il faut aller au charbon. Je suis convaincu que de nos jours, l’artiste à un rôle essentiel à jouer, en affirmant haut et fort, ses convictions, ses émotions, sa révolte. Me plaçant ainsi, dans la peau d’un artiste, je regrette une certaine époque plus turbulente des années fécondes, avec les Surréalistes, Dada, le Situationnisme. Plus tard, les Nouveaux Réalistes - ARMAN, CESAR, VILLEGLE - (1960), remettent en cause, à la suite de Marcel DUCHAMP, la souveraineté de la Peinture. Je regrette aussi le temps des HAPPENINGS, beau combat contre les valeurs esthétiques institutionnalisées, avec pour le moins de l’agitation, de la contestation et la prise de parole en public. En même temps, la Figuration Narrative a fait passer son message anticapitaliste … par la Peinture, avec par exemple Bernard RANCILLAC, ADAMI, Gérard FROMANGER… Ces mouvements sont importants puisqu’ils sont en quelque sorte les précurseurs de MAI 68. Je souhaite que de nos jours, l’artiste retrouve sa place d’homme libre et engagé, de même que l’intellectuel… pour nous interpeller, sans se soucier des pouvoirs autistes du monde actuel. Les facteurs d’inégalité sont grandissants, les provocations éhontées des nantis accablent sans états d’âme une majorité de gens laissés pour compte, de plus en plus nombreux. La provocation vient du pouvoir de l’argent tant que l’homme se laissera abuser. Encourageons les artistes, pour la plupart des écorchés vifs, et des électrons libres. Avec eux, osons- nous, risquons- nous, n’ayons plus peur de nous-mêmes. Ils nous préviennent, écoutons attentivement leurs messages, leurs présages que d’aucuns voudraient certes étouffer, mais en vain, si nous savons ne pas nous en laisser compter.
JBC
Journal local de l’agglomération Bordelaise.