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Nous préférons et de loin une addition de subjectivités faisant corps avec la vie dans la Communauté Urbaine de Bordeaux qu’une pseudo objectivité macérant dans un marécage aussi politiquement correct que sclérosant.
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Quand la philosophie entre dans un bar

Conjuguer philosophie et blagues de comptoir, c’est possible avec l’ouvrage de Thomas Cathcart et Daniel Klein : « Platon et son ornithorynque entrent dans un bar » ed Seuil

Villages de Ville ne vous épargnera pas la sacro-sainte ritournelle des conseils de lectures pour l’été. Vous savez bien, ces romans, ces essais que nous sommes supposés lire sur la plage, un coude ankylosé, le thorax opprimé par une tonne de sable, le regard obscurci par des lunettes filtre uv 3, la peau gélifiée pour tenter d’éviter le cancer de la peau. Vous êtes une méduse échouée parmi deux ou trois tonnes de varech et d’humains et tout le reste vous est égal, êtes-vous pour autant devenu un adepte du new age ? A propos combien de new agers faut-il pour changer une ampoule ?

  • Zéro. Ils viennent tous juste de former un groupe de parole intitulé « faire avec l’obscurité ». Vous avez dit philo-blague ?
     Sans blague ? Joindre l’esprit brèves de comptoir à la relecture de Socrate, de Platon, de Spinoza, de Wittgenstein. Faire votre cette définition de l’existentialisme : « l’existence précède l’essence. Si vous êtes d’accord avec cette proposition, vous êtes un existentialiste, sinon vous existez quand même mais vous êtes essentiellement en dehors du coup » peut-on lire sur le quatrième de couverture de l’ouvrage des deux philosophes américains formés à la prestigieuse université de Harvard. Mais vous n’aimez pas les quatrièmes de couverture. Toujours à vendre de la camelote. Vous préférez de la philosophie sur une serviette de plage ou bien la philosophie de comptoir. Deux écoles. Qui n’en font qu’une quelquefois afin d’agrémenter votre conversation de mollusque du cortex desséchée par le soleil. Pour montrer, grâce à quelques notions de philosophie joyeusement assimilées, que la métaphysique et la logique ne vous font pas défaut, que vous résistez bien au gin-fizz et au 51. A propos de gin-fizz, un kangourou rentre dans un bar de Toctoucau et commande un gin-fizz. Le barman le sert et lui demande promptement 20 euros. Le kangourou paie et reste silencieux. Le barman, sentant un peu le besoin de faire la conversation à son consommateur, commente : « C’est pas souvent qu’on voit un kangourou par ici ». Le kangourou boit une gorgée de son cocktail, repose son verre et dit : « à vingt euros le gin-fizz, ça ne m’étonne pas ! ». Attention ! Cette dernière blague ne figure pas dans le livre de Cathcart et Klein qui ne connaissent pas Toctoucau. Il s’agit simplement d’une Village’s de Ville joke que votre chroniqueur vous demande de rattacher à une théorie philosophique. Cela fera partie de votre cahier de vacances. A mois que vous ne préfériez répondre à la devinette graveleuse, noces et banquets suivante : Quelle est la différence entre un 51 et un 69 ? Ce qui évidemment nous entraine très, très loin de la philosophie.

AUX ARTS ! CITOYENS 2

Les plasticiens exposent et s’exposent dans leur diversité.

Certains exposent ou souhaitent exposer dans des galeries, être invités dans des salons prestigieux, en espérant un jour respirer la poussière des musées… mais ils sont nombreux et la place est chère, et /ou coûte cher. Ainsi, quand d’autres présentent leurs œuvres dans des apparts très parisiens, dans des espaces commerciaux cossus, la plupart font des expos collectives de province ou accrochent dans des salles municipales. Les jeunes des banlieues vont carrément sur les murs avec les graffs et les citadins d’aller l’été en quête de verdure, sur les places de villages…. Heureusement, aujourd’hui, il y a internet où les blogs sont très actifs et très visités. Ceci dit, il ne devrait pas y avoir de lieux proscrits pour montrer ses œuvres, à chacun de décider à quel public il souhaite s’adresser… qu’il soit pro ou amateur. De même, dans la diversité des artistes, il y a ceux qui souhaitent faire passer des messages à travers leurs œuvres et profiter du lieu pour afficher leurs convictions, et c’est tant mieux, mais il faut avoir les coudées franches. Dans une société du toujours plus économique prônée avec emphase , on se rassure en sachant qu’il existe aussi de nombreux îlots de résistance, d’alternatives où l’homme retrouve toute sa place. Mais à mon avis, il faut aller au charbon. Je suis convaincu que de nos jours, l’artiste à un rôle essentiel à jouer, en affirmant haut et fort, ses convictions, ses émotions, sa révolte. Me plaçant ainsi, dans la peau d’un artiste, je regrette une certaine époque plus turbulente des années fécondes, avec les Surréalistes, Dada, le Situationnisme. Plus tard, les Nouveaux Réalistes - ARMAN, CESAR, VILLEGLE - (1960), remettent en cause, à la suite de Marcel DUCHAMP, la souveraineté de la Peinture. Je regrette aussi le temps des HAPPENINGS, beau combat contre les valeurs esthétiques institutionnalisées, avec pour le moins de l’agitation, de la contestation et la prise de parole en public. En même temps, la Figuration Narrative a fait passer son message anticapitaliste … par la Peinture, avec par exemple Bernard RANCILLAC, ADAMI, Gérard FROMANGER… Ces mouvements sont importants puisqu’ils sont en quelque sorte les précurseurs de MAI 68. Je souhaite que de nos jours, l’artiste retrouve sa place d’homme libre et engagé, de même que l’intellectuel… pour nous interpeller, sans se soucier des pouvoirs autistes du monde actuel. Les facteurs d’inégalité sont grandissants, les provocations éhontées des nantis accablent sans états d’âme une majorité de gens laissés pour compte, de plus en plus nombreux. La provocation vient du pouvoir de l’argent tant que l’homme se laissera abuser. Encourageons les artistes, pour la plupart des écorchés vifs, et des électrons libres. Avec eux, osons- nous, risquons- nous, n’ayons plus peur de nous-mêmes. Ils nous préviennent, écoutons attentivement leurs messages, leurs présages que d’aucuns voudraient certes étouffer, mais en vain, si nous savons ne pas nous en laisser compter.

JBC

Description du site

Journal local de l’agglomération Bordelaise.

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